Compte tenu de la couleur claire du tapis de danse, seules les chaussettes de couleur claire et les chaussons de danse de couleur claire et à semelles claires et propres (sans colophane) sont autorisés dans la salle de danse.

    

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Mémoire sur la  danse orientale  - les origines 

Première partie : Aspects culturels et historiques.

A - Les origines.

Il est très difficile de définir les origines de la danse orientale. Pour cause : il est difficile d’imaginer les mouvements de danse à partir de seuls dessins. Selon certaines sources, la danse orientale serait une survivance d'une forme de rituel sacré dédié à la Déesse mère des sociétés matriarcale pour assurer la fertilité des femmes. A l'origine, elle semblait aussi codifiée que la danse indienne : "elle reproduisait symboliquement les mouvements de la conception et de l'enfantement"    (S. de Soye “ La danse orientale et ses accessoires ”, id.)

Les peintures rupestres témoignent d’une forme de danse au cours de la période Néolithique(du 7e au 3e  millénaire av J.C.) “ Les historiens de la danse s'entendent en général pour dire qu'à cette époque la danse était largement instinctive et spontanée dans sa forme, sérieuse et utilitaire dans ses buts et immensément religieuse et sociale dans sa valeur ”. Les danses figuraient les évènements tels que l’on voulait qu’ils se réalisent (ex :chasse exécutée par les hommes). A un stade plus élevé de civilisation, on retrouve des danses plus symboliques d’évènements, comme celles favorisant la fertilité de la terre ou celle du mariage, le plus souvent exécutées par des femmes “en raison de leur fécondité personnelle ”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                        Figure 1 La "Dame Noire" de Sefar. (Sahara Libye)

Transmise essentiellement de manière orale et par imitation des gestes, il est difficile de décrire précisément ces rituels, et par là même, de confirmer l’origine des mouvements du bassin.

On retrouve cependant des illustrations de ce type de danse dans de nombreuses cultures anciennes. Les mouvements du bassin sont présents dans de nombreux pays du monde entier (tamouré tahitien, femmes banjara de Dehli, danses tziganes..) mais c’est dans l’est du bassin méditerranéen que la danse a gagné le plus grand raffinement.

Nous retrouvons des évocations d'une danse intéressant le bassin sur des peintures, des statues et dans divers récits de l'Antiquité.

Il n’existe pas de documents relatant précisément les danses de l’Égypte pharaonique. Les égyptiens considéraient le danse comme une activité féminine, quelles que soient les occasions où elle était pratiquée. Bien que conservant des valeurs religieuses et sociales, la danse des égyptiennes se veut plus abstraite et plus organisée que celle de l’homme préhistorique.

“ C'est en Égypte aussi que l'on retrouve les premières danseuses professionnelles que l'on nommait Awalim, c'est-à-dire "sages ou éduquées". En général elles étaient des esclaves dont le travail consistait à divertir le maître. ”(La danse en Egypte ” : http://vitrifolk.apinc.org/generalites-egypte.html)

On ne peut cependant confirmer que les danses folkloriques égyptiennes actuelles conservent les caractéristiques des danses de l’antiquité.

Les seuls documents dont nous disposons sont les bas-reliefs issus des tombes, notamment celles-ci où l’on observe le port d’une ceinture soulignant le bassin. Le mouvement des bras et les mains qui claquent rythment la danse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                            Figure 2 Danse au cours d'un banquet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                       Figure 3 Ostracon (ou éclat de calcaire) sur lequel est peint une danseuse - Musée de Turin.

“ Le peintre a tiré le meilleur parti de la forme arrondie de l'ostracon pour organiser sa composition. Le corps de la ballerine décrit une courbe parallèle aux contours de l'ostracon. A l'angle, dessiné par les genoux du côté gauche, répond l'angle des coudes du côté opposé. La poitrine dans le prolongement de la tête rompt la ligne qui relie les bras à l'abdomen. La finesse des membres s'oppose à l'épaisseur de la chevelure noire. La danseuse est uniquement vêtue d'un court pagne noir décoré noué sous la taille. La sobriété du costume permet au spectateur d'apprécier toute l'agilité et la souplesse de la danseuse ”

(Source : http://bbecq.free.fr/EGYMUSIC/Page_53x.html)

 

 

Les danses grecques antiques avaient atteint un raffinement plus poussé que celui des sociétés précédentes. Elles étaient plus artistiques, plus expressives et variées que celles des Égyptiens. Elles permettaient la représentation physique d'une idée.

A l’origine des danses grecques, le culte phrygien et crétois voué à Rhéa (ou Cybèle), déesse mère de nombreux dieux, symbolise les amours de la déesse, la maladie, la mort et la résurrection. Ce culte représente l’agonie d’Attis, son amant, et celui de la résurrection, de la fertilité de la terre. Il est exécuté par les Corybantes en Phrygie, et les Kourètes, en Crète. On retrouve là encore la notion de danse pour assurer la fertilité.

Des statuettes retrouvées dans la cité grecque de Tanagra évoquent fortement les mouvements du bassin effectués en danse orientale. Elles représentent des femmes dansant durant les fêtes dédiées à Dionysos Commentaires et illustrations sur le site internet : http://www.belly-dance.org/tanagra.html

Même si la danse orientale n’est pas typiquement grecque, il semble facile de poursuivre le mouvement de la statuette ci-contre par une ondulation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                         Figure 4 Statuettes de Tanagra, IVe siècle av J.C

Trois catégories de danse - guerrière, religieuse et de tragédie - étaient considérées par Platon comme des danses nobles. En plus des danses nobles, Platon considérait qu'il existait une seconde classe de danse, les danses ignobles qui illustraient ce qui était misérable et laid. On y retrouvait les danses Bachiques, réalisées lors de fêtes, la Cordax, et aussi la Sikinnis, danse de satire. La Cordax nous intéresse particulièrement car, caractéristique de la comédie, “ c’était une danse bouffonne et indécente, caractérisée par des ondulations du ventre et des roulements de hanches, pieds souvent joints. ” “ Dons des muses ”, édité par le Ministère de la Culture de la république hellénique, Bruxelles, 2003 – Disponible sur : http://enseignement.be/fpgl/muses03.pdf.

Enfin, la danse de hétaïres est parfois décrite comme une danse intéressant la région du bassin. Les hétaïres étaient les courtisanes de luxe dans la Grèce antique. Elles avaient droit de circuler librement et divertissaient les hommes des classes riches, notamment par le chant et la danse. Démosthène dira d’elles “ Nous avons des hétaïres pour les plaisirs de l'esprit ”. Terpsichore est la muse de la danse. Son nom dérive de “ terpo ”- qui charme et de “ choros ” - la danse. Il souligne le pouvoir captivant de la danse. Elle est souvent représentée accompagnée de la lyre et d’une guirlande de fleurs.

La Bible évoque la danse de Salomé devant le roi Hérode (Mathieu 14-6, Marc 6-22). Celui-ci, subjugué, lui promit tout ce qu’elle désirait. A la demande de sa mère, elle fit décapiter St Jean-Baptiste. La danse de Salomé, ou danse des sept voiles, est souvent reprise pour caractériser le charme mystérieux de l’Orient. Cette scène a notamment été peinte par Gustave Moreau, peintre orientaliste du XIXe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                 Figure 5 "L'apparition " Huile sur toile 142*103 - 1876 - Musée du Louvre

 

 

On retrouve encore deux principaux types de danse dans la culture hébraïque ancienne. “ La danse, activité d'amusement social, était perçue comme impie et perverse et était condamnée par la religion hébraïque. La danse en tant que pratique religieuse était l'expression de la joie et d'une action de grâce pour la délivrance du peuple. Les deux sexes dansaient séparément. Les participants étaient choisis parmi les plus vieux citoyens possédant un passé irréprochable. C'était une marque d'honneur et de dignité que d'être choisi pour la danse chez les Hébreux. ” Disponible sur http://vitrifolk.apinc.org/generalites-egypte.html

Le poème latin de Virgile, "la Copa" évoque une fille d'auberge incitant les passants profiter du moment présent. "Une fille d'auberge (copa), qui danse aux crotales et qui chante, invite par un jour chaud d'été le passant à venir boire sous les berceaux de verdure d'un cabaret champêtre, au bord d'un ruisseau qui murmure: elle énumère les plaisirs du lieu, et termine par une conclusion épicurienne, après avoir évoqué la Mort qui nous engage à jouir de la vie." (S. de Soye “ La danse orientale et ses accessoires ”, id.)

“ Syrisque (1), la fille d'auberge, la tête ceinte d'une petite mitre grecque (2), qui sait remuer au son du crotale (3) ses souples hanches, danse, enivrée, des pas lascifs dans la taverne fumeuse, en secouant à son coude  (4) de rauques baguettes (5). ”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                         Figure 6 "La danseuse aux crotales" - entre 325 et 280 avant J.C - Musée du Louvre.

 

 La danse orientale actuelle aurait été introduite en Egypte par les turcs. L’Egypte a été conquise vers 1520 et a fait partie de l’Empire Ottoman pendant plus de 400 ans. Il s’est certainement produit au cours de cette période un brassage culturel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure 7 Carte de l’Empire Ottoman Carte issue du site internet : http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/images/ottoman-map2.GIF

Il est cependant curieux de constater que l’influence culturelle n’a pas été la même dans tous les pays conquis. L’occupation de la Grèce a duré plus longtemps mais ce type de danse ne fait actuellement pas partie du folklore, même si nous avons constaté des similitudes avec la danse orientale durant l'antiquité.

Cependant, aux côtés de la musique rébeîtiko traditionnelle grecque se développe une musique de plus en plus métissée avec les rythmes orientaux. A tel point qu’il n’est pas rare d’entendre des chansons modernes où la langue grecque est mêlée à la langue arabe.

L’évolution entre la danse rituelle et le divertissement a pu se produire lorsque les sociétés ont évolué vers le patriarcat : la danse perdait petit à petit son sens originel. De plus, avec l’expansion du Christianisme puis de l’Islam, les religieux tentèrent de faire disparaître la danse à cause de son ambivalence. “ Elle a pu se maintenir, transformée en danse de divertissement dans les régions où l’emprise de la religion était moins forte, dans les pays où les femmes se retrouvaient souvent entre elles et chez les peuples nomades vivant en marge de la société. ” (S. de Soye “ La danse orientale et ses accessoires ”, id.)

Le terme égyptien Ghawazi désignait autrefois les tziganes mais c’est aussi le terme utilisé pour parler des danseuses qui se produisaient sur les places populaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                   Figure 8 Gravure de Jean-Baptiste Vanmour (1671 - 1737)

 

Les tziganes sont originaires de l’Hindoustan (actuel Nord de l’Inde). Ils gagnent au début du deuxième millénaire la Perse puis l’Anatolie. Les groupes de musiciens et de danseurs sont régulièrement invités à se produire dans les harems et pour le divertissement des sultans ottomans. Par la suite, les tsiganes gagnent l’Europe dès le XVe siècle, via la Roumanie (1385). Là encore, ils divertissent les plus grandes cours européennes.

L'Europe redécouvre aussi l'Orient durant Moyen-Age avec les croisades. Les représentations des populations orientales sont associées à l'Islam, elles sont destinées à inciter les chevaliers à partir en croisade. C'est ainsi qu'à la Renaissance, le Turc était l'ennemi commun des populations européenne chrétiennes. On ne manquait alors pas une occasion d'exorciser le mal qu'il représente.

L'expression "prendre quelqu'un comme tête de turc" vient de cette époque, d'un divertissement de foire où l'on abattait avec des balles des pancartes représentant des portraits de turcs.

Les spectacles des XVIIe et XVIIIe siècles mettent en scène des évènements de la vie dans ces contrées lointaines, sans grand soucis d'authenticité. On se souvient de l'intervention turque dans la comédie de Molière, "le bourgeois gentilhomme". Pour mémoire, cette pièce avait étécommandée par Louis XIV à Molière et au Chevalier d’Arvieux (qui parle turc et connaît les moeurs du pays) pour tourner en ridicule les coutumes de l’ennemi. Le roi avait en effet été vexé que l’accueil fastueux de la cour française ait laissé de marbre l’ambassadeur ottoman, Soliman Aga, en novembre 1669.

De nombreux autres spectacles ont un harem pour cadre (Les jalousies du Sérail (1758), La nouvelle épouse persane (1776) de Noverre - cités par S. De Soye).

Ceci incite à croire que l'Orient et ses coutumes exotiques sont plus l’objet des fantasmes européens que d'une réelle curiosité pour l’étranger. L’occident semble bridé par une certaine conception de l’esprit civilisé. L'image dévolue à la danse de divertissement dans les esprits puritains, est d’ailleurs résumée dans ce texte datant du XIIIe :" Combien peu y en a-t-il qui en dansant ou en voyant danser les autres ne se portent à quelques pensées déshonnêtes, ne jettent quelques regards impudiques, ne fassent quelques postures indécentes, quelques paroles libres, enfin, ne fassent quelques désirs de la chair, comme par le saint Apôtre?

"Déformant les corps, la danse distord les âmes et incite au péché".  Cité par J.Vellet “ Les représentations sociales de la danse ” in “ Danse, le corps enjeu ” sous la dir de M.Arguel,Ed.PUF - pratiques corporelles, 1992

Danses rythmées et bonnes moeurs ne semblent pas compatibles pour les autorités religieuses occidentales.

C’est avec un esprit nourri de cette idéologie que les européens découvrent la culture égyptienne à la fin du XVIIIe. 

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